Dégradation de l’environnement et santé de la population dans la ville de Bouaflé (centre-ouest de la Côte d’Ivoire)

Résumé

Les problèmes environnementaux dans la ville de Bouaflé sont une préoccupation majeure. Ces problèmes affectent négativement la qualité de vie des résidents et les exposent à des risques sanitaires. Cette étude vise à examiner les facteurs contribuant à la détérioration de l’environnement dans la ville de Bouaflé et leur corrélation avec la santé de la population. Pour atteindre cet objectif, l’approche méthodologique s’est appuyée sur la recherche documentaire, l’observation directe, des entretiens, l’enquête par questionnaire et des tests de significativité statistique. À Bouaflé, l’environnement se dégrade en raison de l’augmentation des déchets ménagers, de la présence d’eaux usées variées et d’une mauvaise gestion des déchets issus des activités informelles. Les maladies les plus courantes dans cette ville sont le paludisme, la fièvre typhoïde et les affections diarrhéiques. 83,95 % des foyers situés à proximité des eaux usées (moins de 25 mètres) ont des cas de maladies. Les taux diminuent avec la distance : 8,59 % entre 25 et 50 mètres, 4,87 % entre 50 et 100 mètres, et 2,57 % au-delà de 100 mètres

Abstract

The environmental problems in Bouaflé are a major concern, negatively impacting residents’ quality of life and exposing them to health risks related to the environment. This study aims to examine factors contributing to environmental deterioration and its connection to population health. A rigorous methodology, including documentary research, field observations, interviews with local authorities, and a survey of 244 household heads, was followed. In Bouaflé, environmental degradation results from increased household waste, diverse wastewater presence, and poor management of waste from informal activities. Common diseases in this city include malaria, typhoid fever, and diarrheal illnesses. From March to May 2024, 83.95% of households near wastewater (within 25 meters) reported illnesses. Rates decreased with distance: 8.59% within 25-50 meters, 4.87% within 50-100 meters, and 2.57% beyond 100 meters.

Introduction

La détérioration de l'environnement est un enjeu majeur à l'échelle mondiale. Les villes africaines sont confrontées à un phénomène croissant de dépôts d'ordures ménagères sauvages B.P.J. KONE et al, (2019, p. 5). On peut constater que les villes africaines sont devenues un terreau fertile pour la prolifération des déchets. Seulement 52% des déchets produits par les ménages africains sont collectés ONU-Habitat (2018, p2). Selon l'étude de B.P.J. KONE et al. (2019, p. 6), l'environnement urbain est fortement détérioré en raison des activités économiques du secteur informel qui génèrent une quantité importante de déchets ménagers, en l'absence d'un système de gestion des déchets adéquat, ce qui a un impact négatif significatif sur la santé. On constate la présence de points de collecte de déchets lors de la formation de dépôts d'ordures naturels. L'activité commerciale informelle, telle que la production d'attiéké, contribue davantage à la dégradation de l’environnement de la ville de Bouaflé. M. COULIBALY et al. (2022, p. 148), indiquent que la principale cause de dégradation de l'environnement est la mauvaise gestion des déchets, qui inclut les ordures et les eaux usées. Les déchets ménagers sont trop souvent déversés dans la nature, aux abords des voies publiques, dans les caniveaux et sur les terrains non construits. S'agissant spécifiquement des eaux usées, à savoir les eaux de lavage de linge et de vaisselle, les ménages les jettent dans les rues et/ou devant les cours ou bien les évacuent dans les fosses septiques B. KAMBIRE et al (2021 p.82).  En raison de cela, les odeurs et les endroits où se trouvent des dépôts sauvages deviennent de plus en plus courants et représentent un obstacle majeur à la question de la ville propre. Les caniveaux sont obstrués par les détritus, les eaux de ruissellement ne peuvent plus s'écouler correctement à l'endroit déterminé lors de l'aménagement des villes G.M. NIAMKE, (2016 p97). Lorsqu'il pleut, les réseaux de transport alternatifs sont submergés, formant des amas d'eau et de détritus (déchets et eaux usées). Pendant le parcours des eaux de pluie, qu'il y ait des caniveaux ou non, celles-ci entrent en contact avec les déchets abandonnés et entraînent une partie de ces déchets. Tous ceux-ci impactent négativement la santé de la population.

La santé globale des habitants de Bouaflé se détériore progressivement. Les maladies les plus courantes sont le paludisme, qui représente la majorité des consultations. Selon le degré de destruction, le paludisme arrive en tête, causant 88,76% des décès au cours des cinq dernières années. La pneumopathie, les maladies diarrhéiques et la fièvre typhoïde se classent parmi les causes de décès les plus fréquentes, avec des taux respectifs de 6,22%, 3,59% et 1,44% entre 2012 et 2016 A. COULIBALY, (2009, p54). Le paludisme a évolué en suivant une courbe en dents de scie. En 2019, on a enregistré 144. 546 cas, mais en 2020, ce chiffre a chuté à 126. 364, ce qui représente une baisse d'environ 13% AIB Bouaflé (28 janvier 2021). Toutefois, en 2021, on a enregistré 156. 367 cas de paludisme diagnostiqués soit 320,70‰. Parmi tous les groupes d'âge, les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés par le paludisme, avec un total de 64. 743 cas enregistrés en 2022 (d'après les chiffres de la RASS aux pages 388 et 400). Ces constatations posent le problème des nuisances sanitaires dues à la dégradation de l’environnement D’où la question de recherche suivante : Comment la dégradation de l’environnement affecte-t-elle la santé de la population de Bouaflé ? Cet article met en relief la relation existante entre le niveau de dégradation de l’environnement et la santé de la population au sein de la ville de Bouaflé.

Catégorie de publications

Date de parution
25 sep 2025