Caractérisation du risque d’inondation et sécurité alimentaire dans la Commune d’Athiémé au sud-ouest du Benin

Résumé

Les inondations sont observées chaque année et posent des sérieux problèmes dans les villages de la Commune d’Athiémé. Cette recherche analyse l’impact des inondations sur la sécurité alimentaire.

La démarche méthodologique a consisté en la recherche documentaire, l’enquête de terrain, le traitement des données et l’analyse des résultats. Les données pluviométriques et démographiques de la commune d’Athiémé ont été collectées permettant la caractérisation des évènements extrêmes grâce à la méthode d’analyse fréquentielle des débits de pointe journaliers. Au total, 170 ménages ont été investigués dans quatorze (14) villages sur les quarante-sept (47) que compte la Commune d’Athiémé. A cela s’ajoute 18 personnes ressources, 02 agents d’Agence Territorial de Développement Agricole (ATDA). La statistique descriptive et le modèle d’analyse SWOT ont été utilisée pour l’analyse des résultats.

Il ressort de l’analyse des résultats que la Commune d’Athiémé est sujette aux inondations fluviales. Elles sont causées par les débits journaliers maximaux dont les valeurs sont situées entre 537,6 et 951m3/s. Ce débit est influencé par le rythme de la pluie au pas de temps mensuel avec un maximum de débit en septembre de 320 m3/s. En effet, 51 %  de la superficie totale de la Commune, soit 121,38 km2  est susceptible de forte ampleur de l’aléa. Ainsi, 47 % de la superficie de la commune représente les zones des risques majeurs (significatifs). Les inondations ont causé des dommages et pertes sur les cultures à toutes les étapes (semis, épiaison, récolte). Il est indispensable de revoir les techniques de culture et de former les cultivateurs qui doivent beaucoup plus pencher sur les variétés de cycle court pour faire face à leurs divers besoins.

Abstract

Floods are observed every year and pose serious problems in the villages of the Commune of Athiémé. This research aims to analyze the impact of flooding on food security.

The methodological approach consisted of documentary research, field survey, data processing and analysis of the results. Rainfall and demographic data from the commune of Athiémé were collected allowing the characterization of extreme events using the frequency analysis method of daily peak flows. In total, 170 households were investigated in fourteen (14) villages out of the forty-seven (47) in the Municipality of Athiémé. Added to this are 18 resource people and 02 agents from the Territorial Agricultural Development Agency (ATDA). Descriptive statistics and the SWOT analysis model were used to analyze the results.

It appears from the analysis of the results that the commune of Athiémé is subject to river flooding. They are caused by the maximum daily flow rates whose values are between 537.6 and 951m3/s. This flow rate is influenced by the rhythm of the rain at monthly time intervals with a maximum flow rate in September of 320 m3/s. Indeed, 51% of the municipality, or 121.38 km2 of the total area of the municipality, is susceptible to a high level of hazard. Thus, 47% of the area of the municipality represents areas of major (significant) risk. The floods caused damage and losses to crops at all stages (sowing, heading, harvest, etc.). It is essential to review cultivation techniques and train growers who must focus more on short-cycle varieties to meet their various needs.

Introduction

La fréquence et la gravité des sécheresses, inondations, tempêtes et autres calamités induites par le changement climatique se sont intensifiées au cours des trente (30) dernières années, FAO (2007, p. 156). En moyenne, 22,5 millions de personnes ont été déplacées de leur foyer chaque année à cause de catastrophes liées au climat, soit 62 000 personnes par jour principalement à cause des inondations et des tempêtes, FAO, (2014, p. 77). Selon Carry et Veyret (1996), Berlioz et Quénet (2000) et Blanchard (2008), cités par E. ATIYE (2016, p. 132) parmi ces catastrophes, les inondations sont les plus récurrentes à l’échelle mondiale.

Au Bénin, les inondations ont pour origine les événements pluvieux extrêmes et le ruissellement des eaux pluviales depuis le nord du pays (Caritas Bénin, 2011, p. 26). D’après le rapport d’évaluation des besoins post catastrophique portant sur les inondations au Bénin (Banque Mondiale, 2011, p. 58), elles sont causées par plusieurs facteurs comme la forte intensité de la pluviométrie, aggravées par la manifestation de crues exceptionnelles des fleuves Niger, Ouémé, Mono et leurs affluents. Celles-ci affectent ainsi la zone nord et sud du pays. Par l’absence et la vétusté du système de drainage en milieu urbain, le manque d’entretien et l’urbanisation de zones à risque, les inondations induisent également sur le plan spatio-temporel de graves conséquences humanitaires pour la plupart amplifiées par des problèmes de développement. Elles constituent des contraintes qui ralentissent le développement, empêchent la croissance économique et la réduction de la pauvreté au Bénin (PNUD, 2011, p. 59).

La sécurité alimentaire  au Bénin et à Athiémé est conforme à celle définie par le Sommet mondial de l’alimentation en 1996 qui dit qu’elle existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. L’accès à la nourriture à tout moment est difficile dans la Commune d’Athiémé à cause des inondations. Pour N. L. AGNANTOMEY, (2016, p. 39), les inondations dans la Commune d’Athiémé, affectent chaque année les activités socio-économiques de même que les superficies cultivables, occasionnant pour les ménages des pertes de réserves alimentaires et d’animaux d’élevage, avec pour conséquence la réduction des disponibilités alimentaires. La question qui se pose est que faire pour assurer la sécurité alimentaire pour les populations de la Commune d’Athiémé dans un contexte où les produits alimentaires sont détruits par les inondations de la saison pluvieuse entre mi- mars et mi-juillet ?   

Catégorie de publications

Date de parution
31 déc 2023