Méagui

Le déficit d’assainissement du cadre de vie : une gangrène des mutations urbaines à Méagui (Sud-ouest, Côte d’Ivoire)

Introduction

« Chaudière urbaine », « urbanisation incontrôlée », « urbanisation galopante » sont les expressions couramment utilisées pour caractériser le rythme d’urbanisation que connaissent les villes du Sud en général et de l’Afrique Subsaharienne en particulier (J.P. ZOMBO, 2020, p.55). La dynamique urbaine dans cette partie de l’Afrique engendre une inadéquation entre l’offre et la demande en matière d’assainissement du cadre de vie. Le défi urbain y est démultiplié par un taux d'urbanisation en croissance exponentielle (V. AXIGA-DOKPO et E. SOUGUE, 2011, p.2-4).

Occupation du sol et distribution des glossines dans la zone de Méagui (sud-ouest de la Côte d’Ivoire)

Introduction

En Côte d’Ivoire, la superficie occupée par la forêt a diminué sous l’effet des activités humaines. « De 16 millions d’hectares en 1900, la forêt est passée e 7,85 millions d’hectares en 1986 à 5,09 millions d’hectares en 2000, puis à 3,6 millions d’hectares en 2015 » (REDD+, 2017, p.1). La principale cause de cette rétraction forestière est l’agriculture, pilier de l’économie ivoirienne. C’est ainsi que « le café et le cacao contribuent depuis 2012 à plus de 14% du PIB et à 38% des produits d’exportation » (K.M. KONAN et al., 2017, p.14). L’économie ivoirienne doit cette performance en grande partie au développement des fronts pionniers de café et de cacao. « Débuté en 1930 dans le Sud-Est du pays, le front pionnier de café et de cacao s’est progressivement étendu dans le Centre-Est, puis a gagné le Centre-Ouest autour des années 1955 et le Sud-Ouest en 1970 » (G.J. IBO, 2007, p.8). Cet itinéraire géographique des fronts pionniers a parfois eu comme conséquence le développement des foyers de Trypanosomiase Humaine Africaine (THA ou maladie du sommeil). En effet, depuis la période coloniale, « les foyers de la THA, sont apparus à l’intérieur des fronts pionniers, en particulier ceux générés par les plantations de café et de cacao » (J-P. HERVOUËT et al., 2000, p.212).

Système de commercialisation du cacao dans la Sous-préfecture de Méagui (sud-ouest de la Côte d’Ivoire)

Introduction

Pratiqué à l’origine en Amérique Central et en Amérique du Sud, le cacao s’est répandu sur plusieurs continents (F. HÜTZ-ADAMS et al, 2016, p. 7, E. Freud et al, 2000, p 14). Parmi les continents qui abritent les foyers de production du cacao, l’Afrique de l’Ouest représente plus de (80%) de la production mondiale soit 3,47 millions de tonnes (A. FOUNTAIN, F. HUETZ-ADAMS, 2020, p. 12). La Côte d’Ivoire, depuis la fin des années 1970, est à la tête du peloton des producteurs et exportateurs de cacao (J. ESSO, 2009, p. 5). La filière cacao est l’une des principales sources de revenu et contribue à environ 10% du produit intérieur brut représentant (30%) des recettes d’exportations du pays (R.  AMARI, 2012, p. 12).